Après la réunion très chahutée du 10 décembre à l’Andenne Arena, au terme de laquelle les pompiers volontaires fâchés avaient rendu leur «bip», Claude Eerdekens a adressé un courrier de deux pages aux hommes de «son» service incendie.

Autant le bourgmestre était monté dans les tours durant la réunion, autant il se montre conciliant dans la lettre. Conciliant, mais déterminé (on ne se refait pas). Claude Eerdekens rappelle d’abord combien les zones de secours vont coûter cher aux communes, faute du financement 50/50 pourtant promis par le gouvernement fédéral, et comment elles jettent le trouble chez les pompiers, faute d’une offre de statuts claire.

Claude Eerdekens cite ensuite un passage du dernier livre de Jacques Attali, où le penseur français stigmatise les dirigeants d’aujourd’hui, «obsédés par l’impact à très court terme de leurs décisions», et pointe les corporatismes, qui bloquent systématiquement la mise en œuvre des décisions étatiques importantes.

«Les propos ainsi exprimés n’ont pas pour objectif de vous décourager, ni de vous culpabiliser, bien au contraire, écrit Claude Eerdekens aux pompiers. Il s’agit de dénoncer les vrais coupables, car vous êtes autant que nous les victimes d’une situation que nous n’avons pas voulue.»

Reconnaissance

Claude Eerdekens y va d’un chaleureux merci, enfin. «Au moment où cessera une collaboration qui à Andenne fut toujours exemplaire entre les pompiers, la population et la Ville, nous tenons notamment à remercier nos hommes du feu qui, depuis toujours, ont fait preuve d’un courage extrême et ont mérité par la qualité de leur travail une réelle reconnaissance de la population. Nous tenions à quelques jours de votre départ vers une aventure très hasardeuse à vous adresser nos plus sincères remerciements pour le travail accompli par des générations et des générations de pompiers andennais au profit des communes d’Andenne, Gesves et Ohey.» ( source journal l'AVENIR)