Alors qu’il répondait ce lundi soir lors du conseil communal d’Andenne à une interpellation de l’opposition concernant un recours en annulation de la Ville d’Andenne contre l’État belge sur la circulaire des pompiers volontaires, le bourgmestre andennais, Claude Eerdekens, a révélé de manière quelque peu inattendue que les pompiers de Namur ont touché chaque mois pendant des années une somme non déclarée. Ce qui représentait jusqu’à 250.000 euros par an, selon lui.

D’après Claude Eerdekens, lui-même et les autres bourgmestres de la zone NAGE (qui représente les services incendie de Namur-Andenne-Gembloux-Eghezée, soit dix communes) l’ont découvert «avec stupéfaction» en novembre dernier dans un rapport préalable à la mise en place de la zone de secours (en vigueur depuis ce 1er janvier).

«Tous les pompiers namurois (volontaires et professionnels) ont un équipement qui est payé par la Ville. Bizarrement, on a découvert que les pompiers professionnels avaient tous les mois, en plus de leur traitement, 130 euros payés sans aucune pièce justificative avec comme mention ‘masse d’habillement mais sans qu’ils ne doivent justifier leurs dépenses d’habillement. C’est donc un montant en black, sans soumission à l’impôt», explique Claude Eerdekens.

D’après lui, chaque pompier professionnel recevait ainsi annuellement près de 1.600 euros en noir. Ils seraient plus de cent professionnels auxquels s’ajoutent les pompiers volontaires, qui auraient bénéficié d’un montant moindre. «On est à environ 200 voire 250.000 euros par an payés en noir depuis des années», ajoute-t-il.

Le bourgmestre d’Andenne dit ne pas comprendre comment la capitale de la Wallonie a pu agir ainsi et ne connait aucune autre commune en Belgique qui payait à son personnel une partie du salaire en noir. D’après lui, il a été dit que cette situation ne pouvait plus continuer à dater du 1er janvier 2015. Désormais, les pompiers seront donc remboursés pour autant qu’ils fournissent des pièces justificatives d’achat et de nettoyage.

Claude Eerdekens déclare en avoir touché un mot au bourgmestre empêché de Namur, Maxime Prévot, qui est «tombé des nues». «C’est quelque chose qui était un peu caché, qui existait depuis une quinzaine d’années, semble-t-il, et qui n’était pas connu nécessairement des politiques», assure Monsieur Eerdekens.

SOURCE JOURNAL L'AVENIR